Entraînement
L'Entraînement au Tapis Roulant
Sissy avait passé une nuit difficile, attachée par une chaîne discrète au pied du lit de Camille. Elle avait dormi par à-coups, rêvant de la soirée des anciens élèves, de regards accusateurs, de rires moqueurs. À l'aube, Camille l'avait détachée sans un mot, lui ordonnant de se préparer.
Maintenant, elles se tenaient devant l'entrée d'un club de sport haut de gamme, le "Pulse Premium Gym". Des vitrines immenses laissaient voir l'intérieur : des machines chromées, des tapis roulants alignés comme une armée, des hommes et des femmes en tenue de sport sérieuse.
Camille poussa la porte. L'air était chargé d'odeurs de transpiration propre et de désinfectant. La musique électronique pulsait doucement.
Sophie les attendait près de la réception, vêtue d'un ensemble de training moulant noir qui soulignait chaque muscle. Elle sourit en les voyant.
« À l'heure. Bien. »
Elle tendit à Sissy un sac de sport rose vif.
« Va te changer. Les cabines sont là-bas. Tout est dans le sac. »
Sissy prit le sac, le cœur lourd. Elle traversa la salle sous les regards curieux de quelques membres matinaux—des hommes surtout, interrompant leur course sur tapis pour observer cette silhouette étrange en robe d'intérieur transparente.
Dans la cabine, elle verrouilla la porte, respira profondément, puis ouvrit le sac.
Et elle resta immobile, les yeux écarquillés.
Ce n'était pas simplement des dessous. C'était une déclaration.
Un soutien-gorge push-up en satin rose électrique, littéralement couvert de paillettes argentées qui scintillaient sous la lumière fluorescente. Les bonnets étaient rembourrés de façon obscène, avec des bretelles fines comme des ficelles qui se croisaient dans le dos. Le décolleté était si profond qu'il semblait défier les lois de la physique.
Un string assorti, fait du même satin rose électrique pailleté, si petit qu'il ne couvrait quasiment rien. Un petit nœud noir était cousu à l'avant, au centre, comme une signature perverse.
Un porte-jarretelles rose pailleté également, avec non pas six mais huit jarretelles—quatre de chaque côté—en satin rose opaque qui contrastait avec le reste.
Des bas couture en nylon rose translucide, avec une couture noire épaisse et brillante qui dessinait une ligne parfaite à l'arrière de chaque jambe.
Les escarpins.
Sissy les sortit du sac, les tenant comme des objets sacrilèges.
Des talons de 20 centimètres. Pas 15. Vingt.
En satin rose électrique assorti, avec une plateforme de 5 cm à l'avant qui rendait la pente encore plus vertigineuse. La bride montait jusqu'à la cheville, fermée par une boucle en forme de cœur.
Sissy ferma les yeux un instant. Puis elle se changea.
La sensation du satin pailleté contre sa peau était étrange—froide, lisse, artificielle. Le soutien-gorge soulevait ses seins jusqu'à les faire ressembler à des ballons prêts à éclater. Le string était si minuscule qu'elle pouvait le sentir à chaque mouvement.
Elle mit les bas, les fixa au porte-jarretelles avec des mains tremblantes. Puis les escarpins.
Quand elle se leva, elle vacilla immédiatement, s'appuyant contre la paroi de la cabine. Vingt centimètres. C'était une autre dimension.
Elle jeta un dernier regard à son reflet dans le miroir—rose électrique, pailleté, obscène—puis sortit.
La traversée du vestiaire fut une épreuve. Deux femmes qui se changeaient s'arrêtèrent net, bouche bée. Un homme sortant des douches laissa tomber sa serviette.
Puis elle entra dans la salle principale.
Et ce fut le silence.
Pas vraiment, bien sûr—la musique continuait, les machines continuaient de ronronner—mais un silence de regards. Tous les yeux se tournèrent vers elle. Vers ce rose électrique. Vers ces talons impossibles. Vers cette tenue de tapette de carnaval.
Camille, debout près de Sophie, porta une main à sa bouche.
Puis elle éclata de rire.
Un rire franc, joyeux, qui résonna dans l'espace.
« Oh mon Dieu, Sophie ! » s'exclama-t-elle entre deux rires. « C'est parfait ! Elle ressemble à... à une poupée sexuelle ! Une poupée Barbie pour adulte pervers ! »
Sophie souriait, satisfaite. « Je me suis dit qu'il fallait marquer les esprits. »
Sissy s'approcha, vacillant à chaque pas, consciente de chaque regard posé sur elle. Elle sentait les paillettes qui captaient la lumière, scintillant avec chaque mouvement.
« Viens, » ordonna Sophie, cessant brusquement de sourire. « Le tapis roulant t'attend. »
Elle conduisit Sissy vers une rangée de tapis roulants dernier cri. Un en particulier était isolé, légèrement surélevé sur une petite estrade, tourné vers le reste de la salle.
« Monte. »
Sissy grimpa péniblement sur le tapis, s'agrippant aux barres de maintien.
« Lâche les barres. Tiens-toi droite. »
Sissy obéit, libérant les barres. Elle tremblait légèrement.
« Maintenant, écoute bien, » dit Sophie, se plaçant devant elle comme un entraîneur militaire. « Je vais mettre le tapis en marche. Très lentement. Un kilomètre à l'heure. »
Elle appuya sur un bouton. Le tapis s'ébranla avec un ronronnement silencieux.
« Et tu vas marcher. Mais pas n'importe comment. »
Elle s'approcha, parlant bas mais distinctement.
« Tu vas balancer les hanches. Comme une fille. Comme une salope. Comme une tapette qui veut qu'on la regarde. »
Sissy essaya. Un pas. Puis un autre. Les talons de 20 cm rendaient chaque mouvement précaire.
« Plus ! » ordonna Sophie. « Les hanches ! Fais-les rouler ! De gauche à droite ! »
Sissy augmenta l'amplitude, sentant le satin du string frotter désagréablement.
« Bien. Un peu plus. »
Le tapis roulait lentement, mais Sissy avait l'impression d'avancer sur une corde raide au-dessus d'un précipice. Autour d'eux, les autres membres du gym avaient pour la plupart arrêté leur entraînement pour regarder. Certains prenaient même des photos discrètement avec leur téléphone.
« Regarde droit devant toi ! » cria Sophie. « La tête haute ! Les épaules en arrière ! Les seins en avant ! »
Sissy ajusta sa posture, sentant le push-up comprimer sa poitrine.
« Maintenant, je vais augmenter la vitesse. À 2 km/h. »
Le tapis accéléra légèrement. Sissy faillit perdre l'équilibre, se rattrapant de justesse.
« Attention ! » avertit Sophie. « Si tu tombes, punition. Si tu t'arrêtes, punition. Si tu ne balances pas assez les hanches, punition. »
« Quelles... quelles punitions ? » osa demander Sissy.
Sophie sourit. « Tu verras. Mais sache qu'elles impliquent souvent de se mettre à genoux. Ici. Devant tout le monde. »
Camille, qui observait depuis un banc voisin, ajouta : « Et peut-être de servir des boissons aux autres membres. À genoux. En disant "Je suis une tapette qui n'a pas su marcher correctement". »
Sissy sentit la panique la gagner, mais elle se concentra sur ses pas. Un. Deux. Les hanches. Rouler. Rouler. Les talons qui s'enfonçaient dans le tapis roulant.
« Bien, » commenta Sophie après quelques minutes. « Maintenant, je vais incliner le tapis. Une pente de 5%. »
Le tapis s'éleva légèrement à l'avant. Sissy eut l'impression de marcher en montée.
« Et continue à balancer les hanches ! »
C'était encore plus difficile en pente. Sissy sentait ses mollets brûler. La sueur commençait à perler sur son front, faisant coller les paillettes du soutien-gorge.
« Regardez-moi ça ! » dit un homme à un autre, pas assez bas pour que Sissy ne l'entende pas. « On dirait une prostituée de dessin animé ! »
Son ami rit. « Ou un travesti qui a fait une crise de pink ! »
Sophie tourna la tête vers eux, mais ne dit rien. Au contraire, elle sembla satisfaite.
« Tu entends, Sissy ? » dit-elle. « Ils voient ce que tu es. Une tapette. Une exhibitionniste. Et tu es ici pour t'entraîner à être encore mieux dans ce rôle. »
Elle augmenta encore la vitesse. 3 km/h.
Sissy commençait à avoir mal partout—aux pieds, aux chevilles, aux genoux, aux hanches. Mais elle continuait. Parce que la peur de la punition était pire que la douleur.
Pendant trente minutes, Sophie la fit marcher, varier les vitesses, les inclinaisons. Parfois elle l'obligeait à marcher à reculons. Parfois à faire de petits pas rapides. Parfois à marcher en levant exagérément les genoux.
Et à chaque fois, l'ordre était le même : « Les hanches ! Balance les hanches ! »
À la fin de la séance, Sissy tremblait de fatigue, trempée de sueur, le satin rose collant à sa peau.
« Bien, » dit enfin Sophie en arrêtant le tapis. « Pour une première fois, c'est acceptable. »
Sissy s'immobilisa, haletante.
« Mais demain, ce sera plus long. Plus difficile. Et dans une tenue encore plus... exposée. »
Camille s'approcha, un sourire aux lèvres.
« Tu vois, Sissy ? Tous ces hommes t'ont regardée. Tous ces hommes savent ce que tu es. »
Elle baissa la voix.
« Et bientôt, tes anciens camarades de classe le sauront aussi. Ils verront la tapette que tu es devenue. La tapette que tu as toujours été. »
Sissy descendit du tapis, les jambes flageolantes.
« Maintenant, va te changer, » ordonna Sophie. « Et prépare-toi. Demain, même heure. Même endroit. »
Sissy traversa de nouveau la salle, sous les regards maintenant familiers—curiosité, dégoût, amusement, fascination.
Dans la cabine, face au miroir, elle regarda son reflet—rose électrique, échevelée, humiliée.
Et elle sut que Camille avait raison.
Tous ces gens l'avaient vue.
Ils savaient.
Et bientôt, tout son ancien lycée saurait aussi.
La tapette.
La poupée sexuelle.
La création de Camille.
Et étrangement, cette pensée, au lieu de la terrifier complètement...
...la rassurait presque.
Parce que c'était la vérité.
Sa vérité.
Pour toujours.