Prise en main
Le lendemain matin, la lumière de l'aube filtrait à peine dans la chambre quand la porte s'ouvrit avec violence. Sylvie se tenait sur le seuil, vêtue d'un peignoir de soie noire, ses cheveux détachés lui donnant un air de déesse vengeresse. Son visage, d'ordinaire si maîtrisé, était crispé par une colère froide.
Érica, réveillée en sursaut, se dressa sur son séant dans le lit secondaire qu'elle occupait désormais – une couchette étroite, sans matelas moelleux, placée au pied du grand lit de Sylvie. Elle avait encore les yeux embués de sommeil, ses membres engourdis par une nuit passée dans des draps rudes.
« Debout. » Le mot fut lancé comme un coup de fouet.
Érica se leva aussitôt, ses pieds nus rencontrant le sol froid. Elle était en chemise de nuit de satin rose, une autre humiliation nocturne imposée par Sylvie. Elle baissa la tête, attendant.
« Les supplications, Érica. » La voix de Sylvie était tranchante comme du verre brisé. « Où sont-elles ? Où sont les mots qui devaient saluer mon réveil ? Où est la prière pour mériter les vêtements que tu portes ? »
Un frisson de terreur parcourut Érica. Dans le brouillard du réveil, dans l'habitude naissante mais encore fragile de ce rituel absurde, elle avait oublié. Elle avait simplement ouvert les yeux, et était restée là, silencieuse, avant que Sylvie n'entre.
« Je… je suis désolée, Maîtresse, je… »
« Désolée ? » Sylvie ricana, avançant d'un pas. « "Désolée" n'est pas dans le règlement. "Désolée" ne fait pas partie des formules autorisées. Tu as brisé la première et plus importante règle de ta nouvelle vie. Le premier matin, et tu échoues déjà. »
Elle sortit son téléphone de la poche de son peignoir. « Tu sais ce que cela mérite ? Une punition exemplaire. Une punition qui marquera ton esprit et ton corps pour que tu n'oublies plus jamais ta place. »
Elle composa un numéro, le téléphone collé à son oreille. Érica, debout et tremblante, sentit ses jambes se dérober sous elle. Elle s'agrippa au bord du lit.
« Anaïs ? C'est Sylvie. Oui, parfait. Tu te souviens de nos discussions d'hier ? Eh bien, le moment est venu. Notre petite créature a fauté. Elle a besoin d'une leçon. Une leçon que nous allons lui donner ensemble. Oui, viens tout de suite. Apporte tes idées. »
Elle raccrocha, son regard revenant sur Érica, un mélange de déception et de cruelle anticipation dans les yeux. « Anaïs arrive. Elle va participer à ta… rééducation corrective. Tu vas voir, Érica. Nous allons être sans pitié. Parce que la pitié, c'est pour les êtres humains. Toi, tu es une propriété. Une propriété défaillante. Et on répare une propriété défaillante. »
Le plan, comme Sylvie le détailla alors qu'Érica se tenait debout, glacée d'horreur, était d'une brutalité calculée. Il ne s'agissait pas d'une simple privation ou d'une tâche ménagère humiliante. Non. Il s'agissait d'une refonte physique et symbolique, une escalade dans l'humiliation permanente.
« Au programme, » énonça Sylvie, comptant sur ses doigts comme une enseignante listant les points d'une leçon, « de nouveaux tatouages. Plus visibles. Plus explicites. Sur des zones que tu ne pourras jamais cacher complètement. Ensuite, nous allons régler le problème de ton visage. Un maquillage permanent. Des traits redessinés pour être plus féminins, plus doux. Et surtout, des injections dans les lèvres. Pour les repulper. Fortement. Qu'elles soient pleines, pulpeuses, indiscutablement féminines et artificielles. Tu porteras à jamais la marque de ma volonté sur ton visage. »
Érica porta une main à sa bouche, imaginant la sensation de l'aiguille, la douleur, le résultat grotesque et permanent sur ses traits masculins.
« Et enfin, » continua Sylvie, « un accessoire pour ta posture. Un collier de posture. En acier, probablement. Pour te forcer à garder la tête haute, le cou tendu, comme une bonne petite poupée. Pour t'empêcher de baisser les yeux de honte, parce que la honte n'est pas une option. Tu dois afficher ce que tu es avec fierté. »
La porte d'entrée claqua. Des talons résonnèrent dans l'appartement. Anaïs apparut dans l'encadrement de la porte de la chambre, le visage rayonnant d'une excitation malicieuse. Elle était habillée avec élégance, un tailleur-pantalon noir qui contrastait cruellement avec la chemise de nuit infantile d'Érica.
« Alors ? Notre petite rebelle a déjà fauté ? » s'exclama-t-elle en entrant, posant son sac à main sur la commode.
« Une négligence grave, » confirma Sylvie. « Elle a oublié ses supplications du matin. L'heure de la punition a sonné. »
Anaïs fit le tour d'Érica, l'examinant comme un cheval qu'on s'apprête à dompter. « Parfait. Nous avons toute la journée. Mais avant de commencer les… procédures correctives, il faut une tenue appropriée. Pour le cadre. Pour l'humiliation constante. Quelque chose qui rappelle à chaque seconde, dans l'attente et pendant les actes, ce qu'elle est et pourquoi elle est punie. »
Sylvie hocha la tête, un sourire aux lèvres. « J'y ai pensé. Et j'ai déjà choisi. »
Elle se dirigea vers l'armoire, ouvrit un tiroir en bas, et en sortit un ensemble qu'elle avait dû préparer la veille au soir, après qu'Érica se soit endormie. Elle le déposa sur le lit, à côté d'Érica.
C'était une tenue qui poussait l'humiliation à un degré presque artistique de cruauté.
D'abord, les sous-vêtements : un string en cuir rouge, identique à celui qu'Anaïs avait décrit la veille, avec ses œillets métalliques et une fine chaînette qui pendrait dans le dos. Et un bustier en satin noir, très corseté, avec des baleines et des laçages dans le dos, conçu pour creuser une taille et soulever une poitrine inexistante.
Ensuite, la pièce maîtresse : une robe. Ou plutôt, ce qui ressemblait à une robe de chambre, mais d'un style absolument grotesque. En satin noir brillant, extrêmement courte – elle arriverait à mi-cuisse tout au plus – avec des manches longues et amples. Elle était ornée de dentelle rouge aux poignets et au décolleté plongeant, qui laisserait le bustier totalement visible. Dans le dos, une grande boucle en forme de cœur était cousue, comme une parodie d'accessoire de soubrette.
Pour les jambes, des bas résille noirs avec des coutures noires dans le dos, et un porte-jarretelles en satin rouge, du modèle « kitsch » qu'Anaïs avait évoqué.
Enfin, les chaussures : des escarpins à talons aiguilles de 12 centimètres, en vernis noir, avec une bride autour de la cheville fermée par un petit cadenas miniature.
« Mets ça, » ordonna Sylvie, sa voix ne laissant place à aucun argument. « Tout. Et dépêche-toi. Nous avons un emploi du temps chargé. »
Érica, les mains tremblantes, commença à se déshabiller. Retirer la chemise de nuit fut facile. Ensuite, elle dut enfiler le string de cuir rouge. La matière était froide, dure, inconfortable. La fine chaînette cliqueta contre ses cuisses quand elle bougea. Puis vint le bustier noir. Sylvie l'aida à le serrer dans le dos, tirant sur les lacets avec une force qui coupa le souffle d'Érica, créant une illusion douloureuse de courbes.
Les bas résille étaient fragiles, gluants. Elle les remonta lentement, attachant les jarretelles au porte-jarretelles rouge qui lui mordait les hanches. Puis la robe. Elle glissa dedans. Le satin était glacé contre sa peau. La robe était si courte que le bas du porte-jarretelles et le haut des bas résille étaient parfaitement visibles. Le décolleté plongeant révélait le bustier et le collier de chaînette argentée.
Enfin, les chaussures. Elle s'assit sur le lit pour les enfiler. Les talons de 12 cm étaient une menace pure. La bride autour de sa cheville se ferma avec un clic sinistre du petit cadenas. Sylvie avait la clé.
Une fois habillée, elle se leva. La tenue était une prison de satin et de cuir. Chaque mouvement était contraint, bruyant (le cliquetis de la chaînette du string, le froissement du satin), ou exposant. Elle se sentait comme une caricature de prostituée de luxe et de soubrette BDSM, un costume d'Halloween pervers pour un corps qui n'était pas fait pour cela.
Anaïs siffla entre ses dents, admirative. « Bravo, Sylvie. C'est parfait. Elle a l'air complètement ridicule et vulnérable. Le cuir, le satin, les chaînes… et cette robe ridiculement courte. On voit tout. C'est idéal pour la journée qui l'attend. »
Sylvie fit tourner Érica sur elle-même, inspectant son œuvre. « Oui. Maintenant, elle est prête. Prête à affronter les conséquences de son échec. Chaque pas qu'elle fera aujourd'hui dans cette tenue, chaque regard qu'elle recevra, fera partie de la punition. Et ce n'est que le début. »
Elle attrapa Érica par le menton, forçant son regard à rencontrer le sien. « Tu vas obéir à chaque ordre, subir chaque procédure sans un murmure. Parce que chaque pleur, chaque grimace de douleur, chaque larme de honte sera un rappel de pourquoi tu es là. Tu as oublié de me dire à quel point tu avais besoin de moi. Aujourd'hui, nous allons t'apprendre, de la manière la plus forte qui soit, que tu ne peux littéralement plus vivre sans moi. Maintenant, suis-nous. Le salon va devenir ta première salle d'attente. »
Poussée par les deux femmes, Érica avança d'un pas hésitant, le claquement sec de ses talons sur le parquet résonnant comme un métronome marquant le tempo de sa descente aux enfers. La chaînette du string tintait à chaque mouvement, une petite sonnette d'humiliation personnelle. La journée d'horreur commençait, et sa tenue en était le sinistre uniforme. Elle n'était plus Érica la soumise. Elle était Érica la punie, parée pour sa propre correction, un pantin de satin noir et de cuir rouge prêt à être marqué, sculpté et enchaîné un peu plus profondément.