Il est 6h40 du matin. Aminata a peine dormi.
Elle est assise sur le bord d'un matelas posé directement sur le sol. La pièce est froide et encore plongée dans la pénombre. À quelques mètres, ses trois enfants dorment serrés sous une couverture qui ne réchauffe plus tout à fait.
Sur une chaise se trouve un sac en plastique avec des documents, un CV froissé et les vêtements qu'elle compte mettre. Il reste 17,35 € dans son porte-monnaie.
Aujourd'hui, elle a l'adresse d'un hôtel où, selon ce qu'on lui a dit hier, ils auraient peut-être besoin de quelqu'un pour le ménage.
"Peut-être".
Aminata fixe ce mot écrit sur un petit morceau de papier.
S'y rendre coûte de l'argent. Ne pas y aller pourrait lui coûter bien plus.
Elle se lève lentement tandis qu'un de ses genoux proteste avec une douleur familière. Elle porte une main à son dos, attend que le vertige passe et regarde ses enfants.
Il est 6h42. Le ticket de bus aller coûte 1,55 € : il resterait 15,80 € dans le porte-monnaie. À pied, environ cinquante minutes, peut-être plus, avec ces genoux et ces chaussures. Il faut prendre un petit-déjeuner. Il faut décider quoi porter.
— On va essayer — chuchote-t-elle, la voix rauque après ses quelques heures de sommeil, sans être tout à fait convaincue.
La pièce reste silencieuse. La journée n'a pas encore tout à fait commencé et elle pèse déjà.
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